La violence dans les jeux vidéo

 

La législation

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La législation

 



 

A quoi sert une législation

 

          Chaque pays est généralement doté d’une législation pour contraindre ou permettre la publication d’ouvrages violents. Ces législations reflètent bien le niveau de tolérance qu’une nation accorde aux jeux vidéo et à leur contenu.

 

 

La législation des jeux vidéo aux États-Unis et au Canada : Le ESRB

 

          Aux États-Unis (et au Canada), l’Entertainment Software Rating Board (ESRB) est le système de classification des jeux vidéo au même titre que le système de classification du Motion Picture Association of America (MPAA). Il a été instauré en premier lieu pour informer les parents à propos du contenu des jeux achetés par les jeunes. Cependant, certaines chaînes de magasin, comme Wal-Mart, appliquent le ESRB à la lettre et procèdent à une identification des jeunes lors de leur achat afin d’éviter qu’ils se procurent des titres pour adultes (Agés de 17 ans et plus).

          Outre ce système de classification, il n’est pas rare que les fonctionnaires locaux tentent de limiter ou d’interdire l’activité et la vente des jeux vidéo. Par exemple, en 2000 à Indianapolis en Indiana, une ordonnance a été votée pour interdire les jeunes de jouer à des arcades violentes sans le consentement de leurs parents. Cependant, cette ordonnance a été annulée en court fédérale parce qu’aux États-Unis, le jeu vidéo jouit de certaines mesures de protection de la liberté d’expression garantie par le Premier Amendement. En effet, les jeux vidéo contiennent des expressions d’idées réelles et c’est le droit constitutionnel des jeunes en bas de 18 ans de s’y adonner sans contraintes. L’intérêt public n’a donc pas été assez suffisant pour tout de même adopter cette loi.

 

 

La législation des jeux vidéo en Australie : L’OFCL

 

          En Australie, les jeux vidéo sont jugés par l’Office of Film and Literature Classification (OFLC) qui gère aussi d’autres médias. Malheureusement, il n’y a pas de catégorie R18+ ou X18+ pour les jeux vidéo alors toute production qui ne case pas dans la catégorie MA15+ est banni de vente et de distribution à travers le pays, même pour les adultes. Des groupes de pression militent actuellement pour ajouter une nouvelle catégorie pour les 18 ans et plus afin que les développeurs qui veulent distribuer leur jeux dans le pays n’aillent pas à les modifier préalablement afin qu’ils cadrent dans la catégorie MA15+ car cela à pour effet d’affecter la qualité du produit final à la baisse.

 

 

La législation des jeux vidéo en Allemagne : Le BPjM et l’index

 

          En Allemagne, les jeux vidéo font face à la censure ou plutôt aux « standards de décence » régis en autre par les standards des autres nations européennes mais surtout par l’index. L’index est une liste des jeux vidéo, films ou autres médias considérés comme une mauvaise influence pour les enfants et donc interdit aux moins de 18 ans. C’est le Bundesprufstelle fur jugendgefahrdende Medien (BPjM) qui examine et place les jeux vidéo dans l’index. Lorsqu’un jeu est sur cet index, il est interdit de le publicisé sur les tablettes des magasins ou de le vendre à un mineur. Cette mesure a bien sur des conséquences sur les ventes d’un jeu c’est pourquoi la plupart des compagnies qui vendent des jeux en Allemagne publient une version spécialement concoctée pour le pays. Ils changent les graphiques en remplaçant le sang rouge par du sang vert, supposant ainsi que le héros tue des extra-terrestres au lieu d’humains. De plus, des parties mécaniques peuvent aussi surgir des blessures pour donner l’impression que les victimes sont des robots. La série Contra par exemple, mieux connu sous le nom de Probotector en Europe, a remplacé à plusieurs occasions les ennemis contenus dans ses différents titres par des robots.

 

Contra (Probotector) par Konami Corporation, 1998, Nintendo

 

 

Les symboles nazismes et du swastika

 

          Les lois allemandes interdisent l’affichage public du nazisme et du swastika et plusieurs jeux ont été bannis pour avoir utilisés des symboles les évoquant, même si leur utilisation était une critique claire et vive de la philosophie Nazi. Ainsi, des jeux vidéo tel Wolfenstein 3D et sa suite, Return to Castle Wolfenstein, qui implique des soldats américains dans des missions dont le but est de tuer des soldats nazi, ont été totalement bannis.

 

Wolfenstein 3D par Apogee Software, 1992, DOS

 

 

Return to Castle Wolfenstein par Grey Matter Interactive Studios, 2001, PC

 

 

Le contexte historique

 

          L’affichage des symboles nazi dans leur contexte historique précis est permit et il n’est pas rare que les films les utilisent sans contrainte. Cependant, la situation est plus ambiguë pour les jeux vidéo : Il existe quelques jeux vidéo portant sur la Seconde Guerre Mondiale qui sont considérés comme précis au niveau de leur contexte même si l’action est exagérée ou fictive pour des raisons de divertissement. Tel est le cas de Medal of Honor : Allied Assault et Commandos : Beyond The Call of Duty. Néanmoins, pour être publié en Allemagne, les symboles interdits ont du être enlevés même si d’autres références Nazi ont été gardées.

 

Medal of Honor : Allied Assault par 1015 Inc., 2002, PC

 

 

Commandos : Beyond The Call of Duty par Pyro Studios S.L., 1999, PC

 

 

La législation des jeux vidéo au Japon : CERO et l’EOCS

 

          Au Japon, à cause des préférences culturelles, les jeux vidéo tendent à être moins violents que ceux américains. Néanmoins, les jeux Mortal Kombat et Grand Theft Auto ont été largement critiqués pour leur manque de morale et d’éthique et ils n’ont jamais été populaires comme aux États-Unis.

          Depuis 2002, une organisation non gouvernementale, le CERO, évalue les jeux et publie des recommandations d’âge. Outre cette organisation, il y a peu de contrôle sur les jeux vidéo violents au Japon. En effet, l’attention des japonais est plutôt axée sur la pornographie. Ainsi, les critiques japonaises ont tendances à critiquer d’avantage la pornographie brutale qui sont devenues une attention nationale au Japon en 1986, avec la sortie de 177 par dB-soft, un jeu où le joueur prend le rôle d’un violeur. En 1992, l’industrie des jeux vidéo pornographiques ont formés le « Ethic Organization for Computer Software » pour formulé une ligne de conduite concernant le contenu acceptable. Les jeux comme 177 ont été jugé inacceptables pour les mineurs.

 

Mortal Kombat par Midway, 1993, SNES

 

 

Grand Theft Auto 3 par DMA Design Limited, 2001, PC

 

 

La législation des jeux vidéo en Grande-Bretagne : Le PEGI

 

          En Grande-Bretagne, c’est le système paneuropéen de classification par âge, le PEGI, qui régule les jeux vidéo. En 1997, le jeu vidéo Carmageddon a été refusé par le PEGI parce que le but du jeu était d’écraser d’innocents piétons. Pour finalement être accepté par le PEGI, les concepteurs du jeu ont changés la couleur du sang rouge par la couleur verte afin d’insinuer que les gens écrasés étaient des zombies. La version originale et non-censurée fut ensuite publiée sous la classification « 18 ans et plus ».

 

Carmageddon par Stainless Software Ltd., 1997, PC

 

 

La législation des jeux vidéo ailleurs dans le monde

  • En Corée du Sud, il est interdit de montrer du sang dans les jeux vidéo
  • En juin 2002, le parlement grec a voté la loi 3037 qui interdisait tous les jeux électroniques. De nombreuses pétitions firent alors leur apparition et en décembre 2003, cette loi fut restreinte aux cafés Internet
  • En décembre 2003, le jeu Manhunt pour PS2 et PC fut banni de la Nouvelle-Zélande

 

Manhunt par DMA Design Ltd., 2003, PS2

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